Les incontournables plantes aromatiques | Dossier


Pour tenir compte de notre santé, tenant compte de notre environnement

Fleurs de l’orangerie, de bon odeur
Pommes, fruits riche en fibres et en vitamines
Les grenades, fruit d’automne, sucré, bon au tube digestif

Tenir compte des plantes aromatique est un art de vivre avant d’être une passion, cela veut dire que vous faites attention à vos mêmes, que vous avez du goût, que c’est vous qui choisissez ce dont vous consommer, que vous ne laissez pas les autres décider à votre place, en resmé cela voudrait dire que vous de la personnalité et de la connaissance qui vous permettent de choisir et que vous consommer ce dont vous avez besoin. De même, cela voudrait dire que vous posséder le savoir-faire nécessaire qui vous permet de bien préparer vos repas à partir des ingrédients de ces plantes. Avant, tout cela vous avez les sentiments de bien-être.

Pour connaître plus sur ce sujet intéressant, suivez le lien ci-dessous

https://www.futura-sciences.com/maison/dossiers/jardinage-incontournables-plantes-aromatiques-1891/

Cannelle et diabète
Oignon et cholesterol

Parmi les principales PAM cultivées au Maroc, on peut citer: Le géranium, la lavande, la rose, le jasmin, la verveine, la menthe et le safran. La culture des plantes aromatiques et médicinales est répandue dans plusieurs régions du pays et concerne environ une trentaine d’espèces.

Bon appétit
Bienfaits du grenades

Les plantes aromatiques et médicinales au Maroc

الفائدة الصحية للزعتر

Aperçu sur la filière

La filière des plantes aromatiques et médicinales (PAM) au Maroc regorge de potentiel grâce à la diversité des espèces. Ainsi, plus de 4.200 espèces ont été identifiées dont 800 endémiques et 600 classées comme produits à usage médicinal et/ou aromatique, ce qui lui a permis d’être classé deuxième mondialement après la Turquie (Selon l’Agence Nationale des Plantes Médicinales et Aromatiques, 2021).

Les productions annuelles sont arrivées à 140.000 tonnes tout en procurant des revenus alternatifs aux communautés locales, générant en moyenne quelque 500.000 journées de travail/an (Selon l’Agence Nationale des Plantes Médicinales et Aromatiques, 2021).

Évolutions de la filière

PRODUCTIONS

La production est globalement assurée par les PAM spontanées, alors que la part des PAM cultivées demeure très faible (2%). La culture des PAM est répandue dans plusieurs régions du pays et concerne environ une trentaine d’espèces.

Répartition géographique des principales PAM naturelles actuellement exploitées au Maroc

PlanteZone de production
ThymAgadir, Azilal, Marrakech
RomarinOujda, Taza, Boulman, Khenifra
CaroubierAzilal, Beni Mallal, Taza, Khenifra, Sefrou
LichenBeni Mallal, Khenifra, Ifran, Taounat,
ArmoiseAgadir, Errachidia, Ouarzazate, Oujda
Laurier sauceTétouan, Beni Mellal

Source : Département des Eaux et Forêts, 2016

La production de PAM met en exploitation aussi bien les plantes spontanées que les plantes cultivées, fraiches ou séchées. Selon les chiffres déclarés par l’Agence Nationale des Plantes Médicinales et Aromatiques, les quantités moyennes cédées annuellement sont estimée de 140.000 tonnes.

Comme il a été indiqué plus haut, la cueillette des plantes spontanées représente plus de 98 % de la production nationale. Cette catégorie englobe une large gamme de plantes dont les plus importantes sont le thym, le romarin, le caroubier, la menthe pouliot, l’origan, l’arganier et les feuilles de laurier. Parmi les principales PAM cultivées au Maroc, on peut citer: le géranium, la lavande, la rose, le jasmin, la verveine, la menthe et le safran.

EXPORTATIONS

Actuellement, le Maroc est classé 12ème exportateur mondial des PAM avec 52.000 tonnes de plantes et 5.000 tonnes d’huiles. Les principales destinations des exportations marocaines en PAM sont le marché de l’UE et les Etats Unis, mais l’ouverture sur d’autres destinations (Japon, Canada, Suisse, Espagne, Allemagne) a permis d’augmenter les volumes (Selon l’Agence Nationale des Plantes Médicinales et Aromatiques, 2021),. (Cf. graphique ci-dessous).

Exportations des PAM par marché en volume

Source : Département des Eaux et Forêts, 2016

Plus de 50% de ces exportations concernant le secteur alimentaire (caroubier, épices, arômes …), alors que 35% sont destinées à la parfumerie et la cosmétique contre environ 5% sont exploitées pour leurs propriétés médicinales (Cf. graphique ci-dessous).

Structure des exportations de PAM

Source : Département des Eaux et Forêts, 2016

Les recettes à l’exportation sont de l’ordre de 615 millions DH. A noter que le romarin est le produit le plus demandé avec une part des PAM exportées de 63%, suivi du Thym avec 24% (Selon le Département des Eaux et Forêts, 2018),

Ainsi, les deux graphiques suivants illustrent les évolutions des exportations totales des PAM et des huiles essentielles (HE) (2002-2014):

exportations totales PAM et huiles

Source : Département des Eaux et Forêts, 2016

Depuis l’année 2005, les exportations marocaines des PAM connaissent une augmentation importante. Ainsi, la valeur des exportations de PAM est passée de 67 MDH en 2002 à 233 MDH en 2014. La valeur des exportations des HE quant à elle est passée de 62 MDH en 2005 à 139 MDH en 2014. En 2017, cette valeur à passer à près de 280 millions de DH. Selon le Département des Eaux et Forêts, les exportations de PAM pourraient atteindre 500 millions de DH à l’horizon 2030.

IMPORTATIONS

Selon le Département des Eaux et Forêts, les principaux produits importés concernent les condiments dont, à part le cumin, l’importation ne peut être remplacée par des productions locales. Il s’agit du poivre qui vient en tête avec 43% des quantités globales importées suivi du gingembre (16%), du cumin (12%), du curcuma (9%), de la cannelle (9%) et du girofle (5%).

ACTEURS DE LA FILIÈRE

Au Maroc, les principaux acteurs économiques de la filière PAM sont :

  • Coopératives PAM : mode d’organisation initié avec l’appui du Département des Eaux et Forêts Département des Eaux et Forêts Département des Eaux et Forêts Département des Eaux et Forêts Département des Eaux et Forêts qui leur donne la priorité en matière d’adjudication des nappes de collecte. Ces coopératives procèdent à une première transformation des matières premières selon les équipements et les moyens dont elles disposent. Celles ayant bénéficié de l’appui de bailleurs de fond sont arrivées à s’acquérir des technologies et équipements avancés pour la transformation de PAM ;
  • Intermédiaires : individus ayant une bonne connaissance des régions de collecte des PAM et disposant d’une importante assise financière. Ils travaillent généralement pour le compte des unités industrielles ;
  • Les professionnels du secteur : plus ou moins spécialisés dans le domaine des PAM, qui opèrent dans les diverses régions du pays. Disposant d’assise financière suffisante, ces professionnels arrivent à écouler directement leur production sur les marchés étrangers. Ils exploitent chaque région soit directement soit par l’intermédiaire de collecteurs de la région et disposent d’antennes dans plusieurs villes du Royaume.

Organisation de la filière

Depuis 1995, l’organisation de la filière a connu une grande évolution :

  • Association pour le Développement des Plantes Aromatiques et Médicinales du Maroc (ADEPAM), crée en 1995 ;
  • Société Marocaine des Plantes Aromatiques et Médicinales, créée en 2006 ;
  • Association Marocaines des Herboristes, créée en 2006 ;
  • Création de plusieurs associations et coopératives féminines ;
  • Création de plusieurs GIE et coopératives locales, avec l’appui du Département des Eaux et Forêts ;
  • Création, en 2015, de la Fédération Nationale des Coopératives des Plantes Aromatiques et Médicinales du Maroc (FENACOPAM).

La transformation

Le secteur des PAM au Maroc se caractérise par la présence d’un grand nombre d’unités de production de petites et moyennes tailles et qui, pour la plupart, ont vu le jour ces trois dernières décennies. Il s’agit principalement :

  • Des sociétés étrangères ou filiales de groupes étrangers spécialisées dans la production de molécules naturelles, d’infusettes et dérivés de PAM et dont le nombre est réduit à quelques unités ;
  • Des sociétés agro-industrielles marocaines qui essayent de couvrir tous les maillons de la filière depuis la culture passant par la transformation jusqu’à la commercialisation. Leur nombre est également limité et elles sont basées généralement dans les grandes agglomérations (Casablanca, Marrakech) ;
  • Des sociétés spécialisées dans la commercialisation des plantes séchées que ce soit de culture (verveine, bouton de roses, fleur d’oranger, sauge, feuille de vigne rouge, feuille d’olivier, fleur de cactus, racine d’iris, …) ou spontanées (romarin, myrte, menthe pouliot, mauve, …) ;
  • Des sociétés spécialisées dans l’extraction des huiles essentielles et extraits aromatiques.

La commercialisation

Deux circuits de commercialisation sont à distinguer : La vente directe au consommateur et le négoce en vrac avec une prédominance de ce dernier.

a. Le négoce en vrac : La quasi-totalité de la production marocaine des PAM est exportée sur des marchés internationaux par le biais de négociants. Ces sociétés exportatrices assurent généralement le contrôle de qualité, le nettoyage, le tri du produit avant son emballage final.

b. La vente directe aux utilisateurs et aux consommateurs : La vente aux laboratoires, herboristes, prescripteurs et consommateur final ne représente qu’une faible portion et ne concerne que les produits prêts à l’utilisation.

Stratégie de développement

Le Département des Eaux et Forêts a mis en place, depuis 2009, une stratégie de développement de la filière qui repose sur plusieurs piliers, à savoir :

  • La consolidation des connaissances actuelles et leur développement pour aborder de manière professionnelle le marché. C’est à ce titre que le Département des Eaux et Forêts, en collaboration avec le PNUD, a préparé un plan décennal 2015/2024 comprenant la mise en place d’une cartographie nationale des ressources en PAM, ainsi qu’une échelle de priorité par rapport aux espèces les plus importantes ;
  • L’optimisation de la production et de la commercialisation en vue d’une meilleure valorisation des PAM marocaines ;
  • La réglementation, l’organisation et l’encouragement du secteur pour préparer un cadre à la fois adéquat et stimulant pour les professionnels et protecteur de la ressource ;
  • La promotion et l’animation du secteur tout en créant des synergies positives avec d’autres secteurs ;
  • La promotion des populations locales, la préservation et la gestion durable de la ressource.

Il s’agit essentiellement de préparer le secteur à opérer le passage d’un secteur fournisseur de matières premières non transformées à un véritable secteur industriel, offrant des gammes de produits de qualité, à forte valeur ajoutée, destinés aussi bien au marché local qu’au marché international.

Avec la création de l’Agence Nationale des Plantes Médicinales et Aromatiques (ANPMA) en 2015 par la loi 111-12, l’Agence a élaboré sa stratégie d’intervention sur le moyen terme (2018-2022). La vision globale de cette stratégie vise la pérennité et la préservation de la ressource, à travers des programmes de recherche visant la domestication et la mise en culture, et la définition des thèmes de recherche répondant aux préoccupations des industriels ; l’objectif étant d’opérer le passage d’un secteur fournisseur de matières premières à un véritable secteur industriel modernisé.

Les axes stratégiques de l’Agence visent à :

  • Promouvoir la recherche développement innovante en PMA ;
  • Coordonner la recherche dans un cadre de complémentarité ;
  • Assurer l’expertise (analyses, études…) ;
  • Dispenser les formations pour renforcer les capacités d’un public cible varié ;
  • Améliorer les systèmes de commercialisation de la production scientifique attendue ;
  • Mobiliser des partenariats (Coopération Nationale et Internationale.

Médecine par les plantes : des traitements à manier avec prudence

  • Par   Anne Prigent 
  • Mis à jour le 17/07/2018 à 15:53 
  • Publié le 17/07/2018 à 06:00

Beaucoup sont tentés de soigner les petits maux du quotidien par les plantes, perçues comme plus naturelles. Qu’elles se présentent sous la forme de tisanes, d’huiles essentielles ou de gélules, toutes ne sont pas efficaces et certaines ne sont pas dénuées d’effets indésirables. Décryptage.

La phytothérapie est un mot d’origine grecque qui désigne l ’art de se soigner par les plantes. L’usage médicinal des plantes se perd dans l’origine des temps: les premiers hommes les mâchaient pour traiter leurs maux, exactement comme le font encore les singes sauvages aujourd’hui. En Chine, en Inde, en Mésopotamie, en Égypte… les premiers textes connus de la médecine par les plantes se répartissent entre 3000 et 1500 ans avant notre ère.

Une tablette sumérienne, découverte en Mésopotamie et datant du 3e millénaire avant J.-C., propose 15 prescriptions: la myrrhe, le thym et le saule sont mélangés à la bière ou au vin… La mandragore, l’opium extrait du pavot et le saule figurent en bonne place sur le Papyrus d’Ebers, traité de médecine égyptien, qui date de 1600 ans avant notre ère. Une médecine qui s’est perpétuée et enrichie au fil du temps avec les apports des Grecs et des Romains, d’Hippocrate à Galien, en passant par Pline l’ancien. Dioscoride au 1er siècle de notre ère recense 600 plantes à usage médicinal: un ouvrage qui fera référence pendant 1500 ans. Après la chute de l’Empire romain, ce sont les ecclésiastiques qui prennent le relais et cultivent les «simples» dans les monastères. La découverte de l’Amérique permettra de découvrir de nouvelles plantes, comme les quinquinas.

«Aujourd’hui encore, la phytothérapie demeure le recours principal dans de nombreux pays en voie de développement», explique le Pr Pierre Champy, responsable de l’enseignement de la phytothérapie à la faculté de pharmacie de Châtenay- Malabry. En France, de nombreux médicaments sont issus des plantes, et la phytothérapie a longtemps été délaissée, considérée comme un remède de «bonne femme». Depuis quelques années, elle revient sur le devant de la scène.

» A LIRE AUSSI: Se soigner par les plantes, une pratique délicate

En complément des traitements conventionnels

Affections bronchiques, troubles du sommeil, calculs urinairesexcès de cholestérolherpès… La phytothérapie peut aider à venir à bout de nombreuses maladies mais certainement pas de toutes les pathologies. «On ne soigne pas le cancer par la phytothérapie. En revanche, il est possible d’accompagner la prise en charge des effets secondaires liés aux traitements, explique le Dr Paul Goetz, médecin phytothérapeute installé à Strasbourg. Mais attention aux messages délivrés. Prenons l’exemple de la canneberge: elle va prévenir la récidive des infections urinaires mais, en aucun cas, elle ne guérira les infections urinaires importantes avec beaucoup de fièvre», poursuit le thérapeute.

«L’intérêt de certaines plantes, à bien choisir car elles ne sont pas toujours sans risque, est de limiter la prise de médicaments de synthèse et de permettre une décroissance médicamenteuse»

Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste

Aujourd’hui, il n’est plus question d’opposer traitements à base de plantes et médicaments issus de la chimie, mais de les utiliser en complément comme l’explique le Dr Laurent Chevallier. «Nous avons en France 13 millions de personnes polymédiquées avec des risques d’accidents liés aux interactions -10 à 20% des hospitalisations après 65 ans sont liés à un mésusage des médicaments. L’intérêt de certaines plantes, à bien choisir car elles ne sont pas toujours sans risque, est de limiter la prise de médicaments de synthèse et de permettre une décroissance médicamenteuse», selon le médecin nutritionniste, botaniste et auteur de Moins de médicaments, plus de plantes (Ed. Fayard).

» LIRE AUSSI – Comment s’y retrouver dans la jungle des plantes médicinales

Des précautions qui s’imposent

Considérée comme sans danger car naturelle, la phytothérapie ne s’improvise pas. Les plantes ne sont ni des placebos ni de la poudre de perlimpinpin: elles peuvent aussi interagir avec d’autres traitements. Le millepertuis, par exemple, connu pour ses propriétés antidépresseurs, diminue l’activité de nombreux médicaments… Et si les troubles légers peuvent être pris en charge en automédication, les limites existent. Car se soigner par les plantes ne signifie pas pour autant que l’on soit capable de poser le bon diagnostic. «J’ai récupéré, il y a quelque temps, un de mes malades insuffisant rénal qui s’était autosoigné avec des asperges, diurétiques mais contre-indiquées dans sa pathologie», témoigne le Dr Paul Goetz

En Europe, il existe plus de 1000 plantes utilisées pour un usage médicinal, mais la pharmacopée française en recense environ 400, dont 200 ont des indications thérapeutiques encadrées et 148 échappent au monopole du pharmacien. Toutes les plantes toxiques ou réputées telles ont été éliminées. «Une soixantaine de plantes chinoises et quarante-cinq issues des départements d’outre-mer sont désormais inscrites à la pharmacopée», souligne le Dr Jacques Fleurentin, pharmacien, président de la Société d’ethnopharmacologie.

Cette liste peut aider les apprentis phytothérapeutes à séparer le bon grain de l’ivraie dans une offre pléthorique. «Avec le concept de nature bienfaisante, nous voyons l’émergence de plantes exotiques issues de traditions étrangères qui, utilisées sans recul, dans des conditions non traditionnelles, peuvent réserver de mauvaises surprises», met en garde Pierre Champy qui cite le desmodium, plante africaine à la mode pour protéger le foie ayant provoqué des hépatites.

«Nous voyons l’émergence de plantes exotiques issues de traditions étrangères qui, utilisées sans recul, dans des conditions non traditionnelles, peuvent réserver de mauvaises surprises»

Dr Jacques Fleurentin, pharmacien

» A LIRE AUSSI: Comment utiliser les huiles essentielles en toute sécurité

Quelles parties des plantes utiliser?

Pratiquement toutes les parties des plantes peuvent être utilisées. «Généralement, en France, ce sont les parties renouvelables: tiges, feuilles, fleurs… qui sont utilisées, plus rarement les racines et écorces», précise Pierre Champy. «En tisane, les racines et écorces sont souvent trop amères et l’observance du traitement difficile, d’où l’intérêt, dans un certain nombre de situations, des gélules de plantes», surenchérit le Dr Laurent Chevallier.

Mais connaître le nom d’une plante n’est pas toujours suffisant: ses différentes parties peuvent avoir des propriétés thérapeutiques distinctes. C’est le cas du sureau dont la fleur est diurétique et le fruit possède une activité contre le rhume. Chez l’ortie, la partie aérienne calme les douleurs rhumatismales et la racine soulage les problèmes de miction liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate. Autre exemple, la fleur de tilleul est connue pour ses propriétés anxiolytiques alors que le bois d’aubier de tilleul va plutôt avoir une action dépurative. «Il faut aussi connaître la forme galénique et le dosage», explique le Dr Jean- Michel Morel, médecin phytothérapeute à Besançon.

Sous quelles formes les employer?

«La forme tisane, la plus traditionnelle, demeure très efficace. Mais elle n’est pas toujours facile d’utilisation dans la vie moderne»

Dr Jean-Michel Morel, médecin phytothérapeute

«La forme tisane, la plus traditionnelle, demeure très efficace. Mais elle n’est pas toujours facile d’utilisation dans la vie moderne», reconnaît le Dr Jean-Michel Morel. Néanmoins, médecins et pharmaciens adeptes de la phytothérapie restent attachés à cette forme, qui bien souvent permet de recueillir le totum de la plante, c’est-à-dire toutes les substances actives de la plante. Car c’est bien là leur subtilité: le responsable de leur action n’est pas un principe actif, mais leur totum.

«Ce sont des mélanges complexes qui agissent en synergie. Si vous prenez le millepertuis, par exemple, le principe actif a plus d’activité en mélange avec les autres composants de la plante», explique Jean- Michel Morel. En tisane, le dosage de ce même millepertuis reste aléatoire et ne permet pas une efficacité reproductible… Le plus souvent, les formes traditionnellement utilisées se révèlent les plus efficaces et les moins dangereuses. «L’ethnopharmacologie, qui cherche à valider l’indication thérapeutique traditionnelle sur des animaux ou des cultures de cellules, sans pour autant isoler un principe actif, a pu constater dans les trois quarts des cas l’efficacité lorsqu’elle est administrée sous sa forme habituelle», insiste Jacques Fleurentin auteur du Bon Usage des plantes qui soignent, éditions Ouest France 2013.

» A LIRE AUSSI: Faut-il croire aux médecines douces?

Des indications différentes selon la forme

À l’inverse, certaines plantes peuvent se révéler toxiques si l’on s’écarte d’un usage bien établi. La germandrée, traditionnellement utilisée en tisane, s’est révélée, sous forme de poudre, nocive pour le foie. Les gélules ou les comprimés de plantes apparaissent plus adaptés à la vie moderne car ils s’administrent facilement. Les formes sèches sont faites à partir de poudre de plantes ou d’extraits secs, avec une quantité de principes actifs trois à quatre fois plus concentrée que la poudre. Il existe aussi des extraits fluides et des teintures: le solvant est alors un mélange eau-alcool qui permet d’extraire plus de principes actifs de la plante. La présence d’alcool peut cependant limiter leur utilisation. «Mais l’extrait fluide est sans aucun doute la forme la plus proche de la plante fraîche», souligne le Dr Paul Goetz.

«Une même plante ne sera pas utilisée pour les mêmes indications en tisane ou en huile essentielle»

Dr Paul Goetz, médecin phytothérapeute

Les huiles essentielles extraites des plantes aromatiques sont employées dans une branche particulière de la phytothérapie: l’aromathérapie (voir page 90). Et une fois de plus, prudence! «Une même plante ne sera pas utilisée pour les mêmes indications en tisane ou en huile essentielle», met en garde le Dr Goetz.

Où les acheter?

Pharmacies, herboristeries, magasins bio, Internet… À quel circuit de distribution se vouer pour acheter ses tisanes et gélules en toute sécurité? «Les pharmaciens sont formés au cours de leurs études, mais tous ne sont pas vraiment spécialisés pour délivrer un véritable conseil», estime le Dr Jean-Michel Morel. Certains professionnels de magasins diététiques sont très bien formés alors que nombre d’officinaux n’y connaissent pas grand-chose.

C’est souvent le bouche-à-oreille qui permet de s’y retrouver. «Si un pharmacien indique sur sa vitrine qu’il est spécialisé, il s’est sans doute formé», précise le Dr Goetz. La pharmacie demeure également le seul point de vente qui délivre des produits à base de plantes ayant le statut de médicament. En revanche, les spécialistes mettent en garde contre les sites Internet. «Si ce ne sont pas des sites reliés à des marques ou points de vente connus, mieux vaut les éviter», insiste Jacques Fleurentin.

» A LIRE AUSSI: Médecine par les plantes: attention aux confusions malheureuses!

Que valent les compléments alimentaires?

Les médicaments de phytothérapie sont de plus en plus rares. Les plantes n’étant pas brevetées, les industriels ne se lancent plus dans des études lourdes pour obtenir une autorisation de mise sur le marché. De plus en plus de gélules et de comprimés à base de plantes ont donc le statut de compléments alimentaires, avec des dosages moins importants que celui des médicaments. La même plante pourra d’ailleurs être médicament et complément alimentaire «L’inconvénient est qu’ils n’ont pas à étiqueter leur composition de manière quantitative. Ce qui peut souvent se révéler problématique», explique le Pr Pierre Champy. Une fois encore, l’accompagnement d’un spécialiste peut se révéler nécessaire pour éviter, au mieux, un produit sous-dosé et inefficace, au pire, des effets liés à un composant… Un dispositif spécifique de «nutrivigilance» a été mis en place en France.

Quelles recommandations pour les enfants?

La prudence est recommandée chez les enfants et les femmes enceintes. «Chez les enfants, j’utilise plutôt comme galénique les bourgeons, car ils sont connus comme n’ayant pas de principes actifs toxiques», affirme le Dr Jean-Michel Morel. Chez la femme enceinte, les effets des plantes sur le fœtus sont mal connus. L’automédication est à proscrire, même si certaines plantes sont réputées sans danger comme le gingembre pour lutter contre les nausées, la vigne rouge contre les jambes lourdes ou encore les graines de psyllium contre la constipation.

Publié par zeggaoui el mostafa

professeur agrégé de physique et chimie ; militant pour l'apprentissage et la diffusion de la culture scientifique en général , physique chimique essentiellement , ainsi que , je contribue à développer un projet d'apprentissage scientifique à distance , en aidant les élèves en publiant un ensemble de leçons et des exercices de physique chimique , du cycle secondaire qualifiant marocain

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